La Palestine , en forme longue l'État de Palestine (en arabe دولة فلسطين, Dawlat Filasṭīn), est un État souverain de jure (loi palestinienne, siège d'État observateur à l'ONU, large reconnaissance internationale) et un proto-État de facto (occupation israélienne, défaut de souveraineté territoriale, absence de monnaie). Situé au Proche-Orient, l'État de Palestine est présent sur les territoires palestiniens occupés et revendique la bande de Gaza, Jérusalem-Est et l'entièreté de la Cisjordanie, soit 23 % de la Palestine historique, mais il est soumis depuis sa fondation entre 1988 et 1997 à une forte instabilité administrative et territoriale. Ses frontières sont, de facto et depuis les accords d'Oslo signés en 1994, celles des zones A et B de la Cisjordanie, gouvernée partiellement par l'Autorité palestinienne, et celles de la bande de Gaza, sous contrôle du Hamas depuis 2007 mais revendiquée par l'Autorité palestinienne. Sa capitale est de jure Jérusalem, cependant le siège du gouvernement palestinien se situe de facto à Ramallah en raison de l'annexion de Jérusalem-Est par Israël. Anciennement intégrés à l'Empire ottoman, puis passés sous mandat britannique après la Première Guerre mondiale, les Palestiniens émergent comme peuple expulsé ou dépendant ayant vocation à disposer d'un État à la suite du plan de partage de la Palestine en 1947, de la déclaration d'indépendance de l'État d'Israël en 1948, et de la guerre israélo-arabe de 1948-1949. La déclaration du 15 novembre 1988 de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) en exil à Alger est retenue comme déclaration d'indépendance et acceptée comme telle par la Ligue arabe et l'Organisation de la coopération islamique. L'État adhère à l'Unesco en 2011, et le 29 novembre 2012 à l'Organisation des Nations unies (ONU) en tant qu'État observateur non-membre. C'est l'un des États les plus controversés au monde : sa souveraineté nationale, sa reconnaissance internationale, sa politique, ses réfugiés, son territoire et ses frontières, sa capitale même sont l'objet de conflits armés et de débats politiques incessants. En septembre 2025, il est reconnu par 158 États (80 % des 193 États membres que compte l'Organisation des Nations unies plus le Vatican), mais ne l'est pas par les pays d'Amérique du Nord, ainsi que la plupart de l'Europe de l'Ouest, notamment les pays du G7. Urbanisé dès l'Antiquité, ses villes principales sont Jérusalem-Est, sa capitale de jure, Ramallah, sa capitale de facto, Bethléem, Hébron, Jéricho, Naplouse, Jénine, et Gaza. Cette urbanisation précoce lui permet de disposer d'un patrimoine urbanistique dense (édifices religieux, palais, sanctuaires, citadelles, fortifications, souks, bains, cimetières, mausolées), de milliers d'écoles, de quarante neuf établissements d'enseignement supérieur, scolarisant des dizaines de milliers d'étudiants, de bibliothèques, d'hôpitaux, ainsi que de scientifiques, d'intellectuels et de cadres (ingénieurs, médecins, juristes, entrepreneurs) bien formés et renommés. Embrassant des régions et des villes centrales dans la Bible (Jérusalem, Bethléem, Judée et Samarie) et des lieux saints de l'islam, situés historiquement au cœur de plusieurs empires et au croisement de nombreuses routes commerciales, la Palestine dispose en outre d'un patrimoine culturel, historique et archéologique considérable (nombreux musées, vestiges et sites de fouilles), de nombreux sites de pèlerinages religieux (dôme du Rocher, Saint-Sépulcre, mur des Lamentations, basilique de la Nativité, tombeau de Rachel, mosquée al-Aqsa), ainsi que d'un artisanat ancien et reconnu (sculpture de bois d’olivier, broderie, nacre, poterie, verre soufflé, mosaïque, céramique d'Hébron, maroquinerie, orfèvrerie, savons, keffiehs, sandales, dattes medjoul, zaatar), auxquels s'ajoutent des sites naturels exceptionnels, qui en font une destination touristique potentiellement majeure. En revanche, contrairement à plusieurs de ses voisins, il ne possède pas de ressources en hydrocarbures et minerais avérées. C'est le plus petit État en superficie (un peu plus de 6 000 km2) et en population du Proche-Orient, derrière le Liban, néanmoins il possède un accès à la Méditerranée et à la mer Morte, ainsi qu'aux fleuves Jourdain et Bésor. Son altitude varie de 423 mètres au-dessous de la mer sur les rives de la mer Morte à un peu plus de 1000 mètres au sommet des monts Jarmuk et Hébron, présente une grande variété de reliefs, avec des régions de plaines, de vallées et de collines, exploitables pour l'agriculture (basse plaine de Jezreel, vallée du Jourdain, plaine côtière de la bande de Gaza), mais aussi des régions plus montagneuses, arides ou désertiques (monts de Judée, désert de Judée, Shéphélah). Il présente la particularité d'être en discontinuité territoriale, réparti depuis 1948 entre la Cisjordanie continentale, enclavée entre Israël et la Jordanie, et une exclave côtière de plus petites dimensions située entre Israël et l'Égypte : la bande de Gaza, un des territoires les plus densément peuplés au monde. L’État de Palestine a en outre une des populations les plus jeunes et les plus dynamiques du monde en termes de natalité. Ces atouts et ces particularités posent des défis souvent difficiles à relever pour un État palestinien encore largement dysfonctionnel et entravé. Ainsi, l’État de Palestine figure-t-il parmi les moins développés, les plus corrompus, les plus pauvres et les plus déficitaires commercialement de la région. D'un point de vue économique, son industrie, embryonnaire, est constituée pour l'essentiel de petites unités de production, et largement entravée dans son développement par les régimes normatifs, bancaires, douaniers et fiscaux imposés depuis 1967 par Israël. Son secteur bancaire est inexistant. Ses villes sont déconnectées de leurs territoires ruraux limitrophes par les schémas d'occupation. Son agriculture, qui peine à se moderniser, pâtit largement de son morcellement territorial, des confiscations de terres, ainsi que des restrictions de circulation, quotas d'exportation et de la concurrence déloyale israéliens. Ses infrastructures historiques, désorganisées ou confisquées au gré des guerres, sont aujourd'hui insuffisantes, ou dépassées. Si ces difficultés peuvent largement s'expliquer par le conflit israélo-palestinien et spécifiquement par la colonisation israélienne, aboutissant à de fréquentes interventions militaires et annexions, avec un régime d'occupation et de subordination politique et socio-économique très dur qui l'empêche de se structurer comme État indépendant, reconnu et stable, l'État de Palestine souffre aussi de ses dissensions politiques internes, d'une absence de stratégie de développement propre, des ingérences étrangères constantes, et des effets de prédation ou du rejet des pays arabes voisins, particulièrement de l'Égypte et de la Jordanie, auxquelles il est étroitement uni par son histoire et ses centaines de milliers de frontaliers. Sa diaspora, représente près de la moitié de la population jordanienne et près du quart de la population israélienne (que sont les Arabes israéliens), ainsi que des communautés nombreuses en Syrie, au Liban, en Égypte, en Arabie saoudite, et plus largement partout dans le monde, jusqu'aux États-Unis. Le statut, la situation, les droits et même l'influence des millions de réfugiés palestiniens constituent des enjeux diplomatiques, économiques, logistiques, politiques, démographiques et même militaires majeurs dans la région. En septembre 2025, 158 pays sur les 193 membres de l’ONU reconnaissent officiellement l’État de Palestine. Cette reconnaissance s’étend sur plusieurs continents, incluant la majorité des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, ainsi qu’un nombre croissant de pays européens. Les récentes reconnaissances par le Canada, l’Australie, le Portugal, le Royaume-Uni et la France marquent une étape importante, faisant du Canada et du Royaume-Uni les premiers pays du G7 à franchir ce pas. Ce large soutien diplomatique reflète un consensus international en faveur de la solution à deux États et renforce la légitimité de la Palestine sur la scène mondiale.